| introduction | texte et images | revues de presse |
"L'insoutenable douleur des opprimés"
...Le spectacle est un long cri de révolte, de dénonciation puis de douleur contre tous les génocides, répressions et croisades qui ont pillé la terre au nom de Dieu, de l'or ou du dollar. Et en particulier, en Afrique, martyre s'il en est. Un coup de poing contre "l'amnésie internationale" sur ce passé sanglant et coupable de l'Occident.
"Bloody Niggers!" se situe dans la lignée de "Rwanda 94" et "Anathème". La première (longue!) partie est une suite de dénonciations assénées par les trois acteurs, debout devant leurs micros. Elle commence par le rappel des attentats du 11 septembre, manière de dire que la lutte contre le terrorisme est une "mascarade" par rapport aux terrorismes d'Etat concoctés pendant cinq siècles par les puissances européennes : le génocide des Amérindiens, les massacres par les Croisés, l'effroyable traite négrière, l'extermination de tous les habitants de Tasmanie...Bien sûr, beaucoup de ces faits sont supposés connus, mais leur rappel est d'une force terrible, surtout auprès des jeunes qui n'ont jamais vu cela dans leurs livres scolaires ou sur une télé, devenue pur divertissement. Et les autres, qui ont lu Franz Fanon et Aimé Césaire découvriront des phrases d'un racisme horrible de Voltaire, Montesquieu, Kant, Rousseau, Darwin ou Konrad Lorentz. Est-on encore au théâtre dans cette première partie ? Oui, à voir le jeu des acteurs, la qualité des vidéos (...) et la belle bande-son (...) préparée par Pierre Etienne, un des rappeurs de Starflam et par ailleurs un des trois acteurs. Seul le Groupov ose encore dire les choses comme cela, frontalement...
...La seconde partie est très puissante, avec des textes de Dorcy Rugamba, fils du grand poète rwandais Cyprien Rugamba, assassiné le premier jour du génocide rwandais. Dorcy Rugamba est un des trois acteurs avec l'excellent acteur sénégalais Younouss Diallo....
...Le spectacle est un long cri de révolte, de dénonciation puis de douleur contre tous les génocides, répressions et croisades qui ont pillé la terre au nom de Dieu, de l'or ou du dollar. Et en particulier, en Afrique, martyre s'il en est. Un coup de poing contre "l'amnésie internationale" sur ce passé sanglant et coupable de l'Occident.
"Bloody Niggers!" se situe dans la lignée de "Rwanda 94" et "Anathème". La première (longue!) partie est une suite de dénonciations assénées par les trois acteurs, debout devant leurs micros. Elle commence par le rappel des attentats du 11 septembre, manière de dire que la lutte contre le terrorisme est une "mascarade" par rapport aux terrorismes d'Etat concoctés pendant cinq siècles par les puissances européennes : le génocide des Amérindiens, les massacres par les Croisés, l'effroyable traite négrière, l'extermination de tous les habitants de Tasmanie...Bien sûr, beaucoup de ces faits sont supposés connus, mais leur rappel est d'une force terrible, surtout auprès des jeunes qui n'ont jamais vu cela dans leurs livres scolaires ou sur une télé, devenue pur divertissement. Et les autres, qui ont lu Franz Fanon et Aimé Césaire découvriront des phrases d'un racisme horrible de Voltaire, Montesquieu, Kant, Rousseau, Darwin ou Konrad Lorentz. Est-on encore au théâtre dans cette première partie ? Oui, à voir le jeu des acteurs, la qualité des vidéos (...) et la belle bande-son (...) préparée par Pierre Etienne, un des rappeurs de Starflam et par ailleurs un des trois acteurs. Seul le Groupov ose encore dire les choses comme cela, frontalement...
...La seconde partie est très puissante, avec des textes de Dorcy Rugamba, fils du grand poète rwandais Cyprien Rugamba, assassiné le premier jour du génocide rwandais. Dorcy Rugamba est un des trois acteurs avec l'excellent acteur sénégalais Younouss Diallo....
La Libre Belgique,
Guy Duplat, 17 février 2007
Coup de poing et bonne surprise :"Bloody niggers". L'auteur et acteur, Dorcy Rugamba, a perdu son père lors du génocide rwandais de 1994. Pas étonnant qu'il nous offre un cri de haine, à la fois de tripes et de tête, contre les méfaits du colonialisme. La mise en scène de Jacques Delcuvellerie fournit un cadre à la fois didactique, visuel et rythmé à cette implacable démonstration en trois parties:d'abord le rappel historique des méfaits sanglants du colonialisme, avec sa bonne conscience chrétienne et d'incroyables citations racistes, de Voltaire à Darwin en passant par Rousseau et Montesquieu; puis une démonstration par l'absurde:et si l' on appliquait à l'histoire coloniale de l'Occident la fameuse loi du talion?
Ici l'ironie se fait cinglante et l'on reconnaît la patte de Maître Jacques Delcuvellerie. Le troisième volet, le plus convaincant, c'est une terrible colère, quasi biblique, de Dorcy Rugamba et contre les colonisateurs blancs et contre les potentats noirs qui les imitent. En scène trois acteurs, qui slamment leur texte et font assaut d'éloquence percutante. Ce pamphlet solide a l'avantage de la simplicité et d'une relative brièveté :1h45, bien rythmée, c'est du Delcuvellerie accessible, avec, en prime la poésie musclée de Dorcy Rugamba, interprétée par l'auteur et ses excellents amis Younouss Diallo et Pierre Etienne, qui signent aussi, l'un l'adaptation, l'autre la musique. Belle équipe !
Ici l'ironie se fait cinglante et l'on reconnaît la patte de Maître Jacques Delcuvellerie. Le troisième volet, le plus convaincant, c'est une terrible colère, quasi biblique, de Dorcy Rugamba et contre les colonisateurs blancs et contre les potentats noirs qui les imitent. En scène trois acteurs, qui slamment leur texte et font assaut d'éloquence percutante. Ce pamphlet solide a l'avantage de la simplicité et d'une relative brièveté :1h45, bien rythmée, c'est du Delcuvellerie accessible, avec, en prime la poésie musclée de Dorcy Rugamba, interprétée par l'auteur et ses excellents amis Younouss Diallo et Pierre Etienne, qui signent aussi, l'un l'adaptation, l'autre la musique. Belle équipe !
RTBF La Première,
Christian Jade, 29 mars 2007
