LA BEAUTE DU DESASTRE

Création
Lara Ceulemans

9 > 13.05.2017 / Salle Jacques Huisman

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Théâtre Création

« Fermer la porte un beau matin, irrévocablement. Marcher sans se retourner. Aller droit devant. Et s'évaporer tout doucement, comme la rosée du matin sous le souffle tiède d'un soleil naissant. Disséminer aux quatre vents les choses qui vous parlaient de vous, devenir un autre, sans passé, sans mémoire, étranger à vous-même et aux autres, repartir de zéro dépouillé de tout ce qui faisait votre identité. Votre nom, votre maison, votre travail, votre famille… à jamais effacés. »

Qui n’a jamais imaginé tout plaquer dans sa vie et partir loin, du jour au lendemain, sans rien laisser derrière soi ? Certains l’ont fait. Au Japon, près de
100 000 personnes disparaissent ainsi chaque année
de manière volontaire.
La rupture au sein de la société et la disparition sont deux thématiques au cœur du spectacle La beauté du désastre de Lara Ceulemans. La jeune metteuse en scène a fait appel à l’auteur belge Thomas Depryck (Dehors, Les langues paternelles) pour écrire le texte à partir de témoignages réels, de lectures références (David Le Breton, Henri Laborit, Emil Cioran…), d’écritures collectives, et de propositions du plateau.
On y parle du départ, de la fuite, de la révolte, de ce besoin de changement radical, mais aussi du déracinement et de l’identité. En marchant sur les pas d’hommes et de femmes qui, confrontés à l’incapacité de vivre dans le monde actuel, ont décidé de s’extraire de celui-ci. De se mettre en congé. De n’être plus personne pour qui que ce soit.
Dans cette pièce aux allures très visuelles, qui emmène le spectateur dans un rêve semi-éveillé, la fiction et la réalité s’entremêlent subtilement, le temps s’arrête et s’étire, le terre-à-terre côtoie l’imaginaire, le trivial flirte avec la splendeur.
La beauté du désastre, c’est cinq comédiens, deux musiciens et un vidéaste. Un plateau où la musique urbaine et poétique (jouée en direct) et les créations vidéo originales sont totalement intégrées au décor. Une alternance de textes bruts, chargés d’histoires et d’émotions, et de moments plus oniriques. Une scénographie très soignée faisant la part belle à la projection d’images volontairement contrastées. Entre l’amour et la haine, la violence et la compassion, la nature et le béton.