UNE MAISON DE POUPEE

Création
Henrik Ibsen | Thibaut Wenger

13 > 23.12.2016 / Studio

Théâtre Création

Une Maison de poupée, du dramaturge norvégien Henrik Ibsen (1828-1906), est un véritable brûlot qui, dans le 19ème siècle puritain, défraya franchement la chronique. Au travers de ce drame petit bourgeois, celui qui se décrivait comme un « arnarchiste aristocrate », aborde avec une cruelle lucidité les relations hommes-femmes sur fond de société marchande où le mensonge règne à l’envi. 
Dans ce fascinant huis clos se croisent une galerie de personnages tour à tour bavards, mystérieux, drôles et repoussants : une femme-enfant plongée sans cesse dans la duperie et le double-jeu, un médecin secret et solitaire, un escroc ruiné que l’amour peut guérir, un jeune loup sûr de lui, une femme cabossée et opportuniste…
Dans cette adaptation très contemporaine, le jeune metteur en scène Thibaut Wenger propose un théâtre frontal et percutant, en prise directe avec le réel, à mi-chemin entre la comédie et  l’ironie, laissant toutefois au spectateur la liberté d’interpréter les métaphores, les secrets et les silences qui ponctuent ça et là son propos.
Dans cette Maison de poupée, Nora rêve d’ascension sociale, mais elle a peur de tout perdre.
Elle est confrontée à la violence, aux mensonges, à la mesquinerie et à l’obscénité. Et, autour d’elle, on y découvre une société tellement proche de la nôtre où, rappelle le metteur en scène, « l’argent contamine toutes les relations jusque dans les sphères intimes ».
Avec, en toile de fond, des questions ô combien d’actualité autour de l’enrichissement personnel, du culte de la performance, du commerce du corps et de la jouissance à tout prix.
On navigue entre humour et cynisme, moquerie et cruauté, dérision et romantisme. Et cette guerre des sexes n’a rien d’un vain combat. Il nous rappelle avec force que, non, Nora n’est pas une héroïne des temps perdus.