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Théâtre National Wallonie-Bruxelles

L'Avenir

Magrit Coulon

Ils sont sept. Sept figures virtuoses du banal dans une salle commune, peut-être un ancien réfectoire et, peut-être, si l’on poussait les tables et les chaises contre les murs, quelque chose qui aurait l’apparence d’une salle de bal. Si l’on regardait au-dehors, on pourrait voir un paysage composé de collines, à moins qu’il ne s’agisse de volcans. Sur la façade du bâtiment, on peut lire en lettres majestueuses et abîmées : L’AVENIR.

Après le succès de Home, Magrit Coulon s’aventure encore plus loin et choisit de mettre en scène une grande communauté de solitudes et toutes les tentatives que l’on fait pour ne pas être seul·e. Elle poursuit sa recherche d’une écriture théâtrale qui soit chorale et chorégraphique, une écriture presque imperceptible des corps et des choses quotidiennes.

L’Avenir part d’une image : celle du tableau Ausflug (Jaunt) (2003) de Tim Eitel, où cinq silhouettes contemporaines, de dos, traversent la grande plaine.

L’Avenir part du sentiment de solitude, cristallisé par l’expérience de la Covid-19 et du confinement. On est seul·es, profondément, à traverser la mort, et la vie. On est seul·es face aux autres, seul·es à aller vers l’autre, à prendre ce risque-là.

L’Avenir veut reconsidérer la sociabilité comme quelque chose de non-évident, comme le risque que l’on prend tous les jours, à tenter de ne pas être seul·e.

C’est aussi se pencher sur la solitude comme maladie du siècle, comme source d’une forme de mal de vivre que l’on a pendant un temps appelé mélancolie , puis dépression. C’est partir du principe qu’il n’y a pas de norme de bonne santé mentale, que l’on souffre tous et toutes, à notre échelle, de la tentative de vivre, et d’être avec les autres.

Dans les villes dont le coeur bat au rythme effréné du capitalisme, où on déménage sans cesse, où les racines se transportent en petits pots déplaçables, où l’obscurité de la nuit disparait, et où l’on dort mal et peu, quel rapport au temps entretenons-nous ? Traversé·es par la nostalgie douloureuse, parfois instrumentalisée par le politique, toujours à la recherche de l’instant vrai qui nous échappe, et écartelés entre le futur qui n’a qu’un visage, celui du monde en plein effondrement. Et les ruines du passé, la politique mémorielle étouffante du plus jamais ça, le présent liquide et l'avenir lui-même déjà en ruine, une sourde souffrance se fait sentir. Elle fissure les existences et les trajectoires individuelles.

Première au Théâtre National Wallonie-Bruxelles
Du 7 au 23 novembre 2024
Recherche de coproducteur·ses en cours

Téléchargements

Magrit Coulon aimerait parler de cette souffrance, la donner à voir dans ses détails et ses anecdotes, souvent banales mais partagées. Et dans ce geste, ouvrir la possibilité de se dire que, dans la solitude, nous ne sommes pas si seul·es - et que c’est déjà ça.

Le faire au théâtre, car le public, lui même, fait déjà communauté de solitudes - communauté impossible, paradoxe insolvable. Dire en choeur qu’on est si seul·es, ensemble.

Après avoir, dans HOME, exploré la lenteur inhérente aux corps âgés, Magrit Coulon poursuit sa recherche en interrogeant la représentation du temps et sa perception, chez les personnes en souffrance psychique, travaillant sur le temps distordu - sensation d’un monde qui va de plus en plus vite, et dont, petit à petit, on se détache.

Prendre la représentation théâtrale comme la possibilité de rendre sensible d’autres manières d’être au monde, en passant par d’autres manières d’habiter le temps.

Le théâtre comme bastion où l’on peut travailler à un autre temps : le lieu où les choses passées ne sont peut-être pas disparues, où le présent s’étire à l’infini et se boucle, où L’Avenir est le nom inscrit sur l’enseigne d’un café, quelque part ; le lieu qui accueille les gens effacés, les gens morts, les gens qui ne veulent plus.

Où a disparu le temps de la fleur qui pousse, de la mère qui vieillit, du regard qui s’attarde?

Inviter à se méfier des apparences, à changer de rôle, à faire des boucles et des choses qui se répètent avec d’infimes changements.

Nous sommes à un tournant. L’Avenir tente d’en saisir la force, le mouvement.

Tournées

  • 06.11.2024 > 23.11.2024

    BELGIQUE - Bruxelles - Théâtre National Wallonie-Bruxelles

  • 29.11.2024 > 30.11.2024

    FRANCE - Ivry-sur-Seine - Théâtre Antoine Vitez

  • 03.12.2024 > 04.12.2024

    BELGIQUE - Maison de la culture de Tournai

  • 28.04.2025 > 29.04.2025

    FRANCE - Toulouse - Le Sorano (OPTION)

Informations

Contacts: 
Théâtre National Wallonie-Bruxelles
Diffusion internationale : Céline Gaubert - Responsable de la diffusion et des relations internationales
Diffusion FWB : Matthieu Defour - Chargé de production et diffusion
Production : Juliette Thieme - Responsable de la production

Disponible en tournée : 2024·2025 & 2025·2026

Le Rideau de saison, Maak & Transmettre · photos : Lucile Dizier, 2024