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Théâtre National Wallonie-Bruxelles
Entretien

La passe en or

Bwanga Pilipili

Portrait de Rita
Portrait de Rita, portrait étendu mis en scène par Laurène Marx avec Bwanga Pilipili où l’histoire-monde de Rita Nkat Bayang, entre le Cameroun et la Belgique et l’intimité familiale, se déploie à taille humaine, digne et saisissante… Jusqu’à la violence de trop, subie par son fils Mathis, âgé de neuf ans, dans la cour d’école en septembre 2023. Rencontre avec l’actrice Bwanga Pilipili qui, avec son intranquillité intacte, sonne toujours aussi juste.
Pauline Le Goff

Dans Portrait de Rita, vous dessinez le parcours de Rita Nkat Bayang depuis Yaoundé au Cameroun jusqu’en Belgique. Comment avez-vous été amenée à la rencontrer avec Laurène Marx ?

Le 11 septembre 2023, je tombe sur une publication de Solayman Laqdim, délégué général aux droits de l’enfant. Solayman et moi étions dans la même classe au début de nos secondaires. Très complices, je me souviens que nous partagions le même sens de la vanne et de la révolte face aux discriminations scolaires et sociales que nous rencontrions. Ce jour-là, je vois des photos dans l’un de ses posts. Sur l’une des photos, un petit garçon noir s’affaire dans une cuisine. Sur l’autre, Solayman est assis dans un salon avec une famille et partage un gâteau. La description indique que Mathis le petit garçon de neuf ans a été victime d’une intervention policière brutale au sein de son école et que des explications sont demandées à la direction.

Cette affaire me touche et réveille un souvenir scolaire. Nous sommes en cours d'Études du milieu - matière qui regroupe des notions de sciences sociales, d’histoire et de géographie. Notre professeur nous explique qu’en tant que mineur·es, la police n’a pas le droit de nous arrêter, ni de nous interroger seul·es. Notre pote Karim lève le doigt et dit : « Ce n’est pas vrai. Je me suis déjà fait arrêter par la police ». Puis, un autre garçon lève le doigt et témoigne des mêmes faits. Le professeur est hébété. À son tour, Solayman prend la parole et interpelle : « Monsieur, qu’est-ce que vous croyez ? Bien sûr, qu’on se fait arrêter et contrôler ! ». Alors, le professeur demande : « Que tous cell·eux qui se sont déjà fait arrêter par la police lèvent la main ! ». Et là, tous les jeunes garçons racisés de la classe, « noirs » et « arabes », lèvent la main.

Je me souviens très bien de ce moment où je réalise qu’il y a la loi, les règles et le droit, et qu’ils ne s’appliquent pas de la même manière à tout le monde. Et qu’en plus, les adultes qui nous encadrent, l’ignorent. Depuis, Solayman a étudié la criminologie ; il est devenu le délégué général des droits de l’enfant, et cela ne me surprend pas !

Le 28 septembre, différentes associations forment un groupe de soutien à Mathis et à sa maman Rita et invitent les citoyen·nes à se rassembler devant le Palais de Justice le 1er octobre 2023.

Le 30 septembre, c’est la Nuit de l’Amour aux Halles de Schaerbeek. Casey, Fatima Ouassak, Laurène Marx et moi y sommes invitées. Je décide d’adresser une lettre à Solayman, à ma fille, ainsi qu’à tous·tes les enfants racisé·es. Dans cette lettre, je parle du fait qu’il est essentiel de dire à nos enfants que malgré l’adversité et ce que le système leur fera croire, leur vie compte ! I·Els sont dignes d’amour. J’invite le public à me rejoindre le lendemain au rassemblement pacifique « Justice pour Mathis ».

Le 1er octobre 2023, Rita prend la parole, elle est très entourée. Elle raconte la journée du 5 septembre. Le jour où elle a vu son fils de neuf ans, Mathis, plaqué au sol les mains maintenues dans le dos par la police dans son école primaire spécialisée de type 3 de Nalinnes. Elle raconte qu’après avoir été traité de « sale noir », et de « chocolat noir gratiné » par un·e autre enfant, dans la cour sans qu’aucun·e des enseignant·es n’intervienne, Mathis a fait une crise de colère, il a cassé « un bloc » en le jetant sur ses professeur·es et a fait un doigt d’honneur à la police. Laurène Marx et des personnes de la Nuit de l’Amour sont venues. Nous sommes effaré·es ! Entre-temps, une vidéo devenue virale tourne sur les réseaux sociaux. Le lendemain, je m’envole en Afrique de l’Ouest.

À mon retour, je revois Laurène, elle me dit en substance : « j’écris et mets en scène des portraits en me basant sur des entretiens. Ce que j’ai entendu lors du rassemblement m’a sidérée. Penses-tu qu’il serait possible de rencontrer Rita ? ». Je mobilise mes réseaux et j’obtiens les coordonnées de Rita.


Comment s’articule l’histoire-monde de Rita, entre le Cameroun et la Belgique, entre l’Afrique centrale et l’Europe, entre le Sud et le Nord, et son histoire intime ?

Si l’on considère que l’intime est politique, et que le politique est intime, l’histoire de Rita est à la fois tragique et banale. C’est une histoire de violences et de deuils vécus au Cameroun et en Belgique. C’est le parcours d’une femme qui vivait dans une capitale et qui, un jour, fait la mauvaise rencontre. À ce moment-là, elle ne connait pas tous ses droits en Belgique. La violence est systémique. C’est la raison pour laquelle bon nombre de personnes peuvent s’identifier à elle.

En tant que comédienne, l’enjeu majeur est pour moi de m’appuyer sur les entretiens que nous, Laurène et moi, avons réalisés avec Rita. Et surtout, transmettre l’authenticité et la singularité de sa parole et, en même temps, universaliser son parcours d’exil. Que l’on vienne de Bogotá, de Djakarta ou d’Athènes.

Et c’est bien dans la fiction (ou écart) que tout se joue, entre ce qui est « en commun » et ce qui est « singulier ». Concrètement, Portrait de Rita réarticule « migration », « exil », « violences », « racisme » et « fétichisation » par l’histoire de Rita. Il nous faut reconnaître la dimension singulière de l’histoire de Rita et ne pas la réduire au fait divers. De manière à faire d’elle le point focal des violences systémiques et faire en sorte ce que tous·tes cell·eux qui connaissent des formes d’exclusion et/ou d'exil s’y retrouvent. Je crois très profondément qu’il y a là aussi une forme de respect pour Rita et ses enfants.


Comment avez-vous mené les entretiens avec Rita ?

La première fois, Laurène et moi, rencontrons Rita dans un restaurant à Charleroi. D’emblée, nous lui expliquons que nous avons été extrêmement touchées par sa prise de parole lors du rassemblement « Justice pour Mathis » du 1er octobre. Et que nous ne sommes pas des avocates, ni des juristes, ni affiliées à un parti politique mais seulement deux artistes convaincues que son histoire doit être entendue et partagée au plus grand nombre.

Ce qui nous frappe, c’est que Rita fait entendre immédiatement et très clairement son histoire, ses violences et ses blessures. Ce n’est pas la première fois qu’elle la raconte. Elle sait précisément par où commencer et ce qu’elle veut dire. Elle ne veut rien édulcorer. Elle veut que tout soit su : « même si j’ai vécu beaucoup de violences, ce que mon fils Mathis a subi, c’est trop ! ».

Nous lui disons que nous aimerions en faire un livre et une pièce de théâtre dans laquelle je serai seule en scène. L’idée étant de ne pas l’imiter mais de rassembler nos trois voix, nos trois expériences de vie.

En 2024, nous débutons les entretiens avec Rita. Nous réalisons le premier chez moi, puis le deuxième au Pianofabriek. Et enfin, le troisième chez Laurène. Les entretiens sont courts, d’une durée maximum de 90 minutes, et très intenses. Rita nous raconte. Laurène écrit sur son ordinateur. Je prends des notes dans mon cahier. Parfois, nous rebondissons sur ce qu’elle dit. Ou nous lui demandons de préciser certains faits. Nous avons des groupes WhatsApp pour continuer les échanges et construire notre relation.


Comment s’est imposé le choix formel du seule-en-scène ?

Habituellement, Laurène Marx écrit pour elle ou pour quelqu’un·e. Sincèrement, lorsque nous avons débuté les entretiens avec Rita, nous ne savions pas quel chemin prendrait sa pensée, ni quelle forme prendrait la pièce. Parce qu’en réalité, Laurène et moi, nous nous connaissions peu. Et nous ignorions aussi ce que Rita nous dirait.

Puis, nous comprenons très vite qu’avant tout, Rita veut raconter et partager son histoire. Et que pour en venir à l’histoire de Mathis, il faut d’abord raconter l’histoire de Rita. Nous lui précisons que nous ne voulons pas faire du théâtre documentaire. Et que si c’est son désir, nous pourrions lui présenter les personnes qui travaillent dans le docu ou les biographies stricto sensu.


Comment vous et Laurène Marx, avez-vous travaillé concrètement ensemble ?

En juin 2024, nous sommes accueillies en résidence par le Collectif FAIR-E au CCN de Rennes et Bretagne. Là, Laurène me donne un premier jet du texte. Nous faisons une lecture. Je prends conscience que l’histoire est tellement violente qu’il va falloir trouver le bon ton pour ne pas réveiller les traumas chez les spectateur·ices.

En février 2025, nous avons à nouveau des temps de résidence au Quai 41 et au BAMP à Bruxelles.

Nous sommes invitées à faire un try-out au Festival Les Guerrières à Mars - Mons. Nous commençons le travail sur le son – que nous approfondirons une semaine après au Théâtre les Quinconces L’espal – Scène nationale du Mans. À la fin de l’été, Laurène m’envoie la dernière partie du texte.

En septembre 2025, nous avons quelques jours pour faire la création lumière et terminer le son de Portrait de Rita au Théâtre Ouvert dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Tout va très vite.

Laurène Marx dit de ses spectacles Pour un temps sois peu, J’habite une maison qui n’existe pas ou Jag et Johnny qu’elle a interprétés et/ou mis en scène que ce sont des « stand-up tristes ». De quoi Portrait de Rita est-il le nom ?

Pour moi, Portrait de Rita est définitivement « inclassable ». Ce n’est pas un « stand-up triste », ni un one-woman-show. C’est la première fois que j’ai un tel matériau textuel entre les mains ! Le texte est une évidence.

Si j’aime la poésie, j’aime qu’elle soit politisée. C’est ce que je retrouve précisément dans Portrait de Rita. Le texte est éminemment poétique, littéraire. Mon défi est de le rendre concret, direct, sans l’aplatir. J’éprouve beaucoup de plaisir à interpréter la série de personnages. J’y retrouve à la fois la poésie et la tchatche du quartier, quand on se raconte des histoires très tard dans la nuit. J’y retrouve aussi l’aisance et la liberté de jeu que j’ai face aux spectateur·ices. Par nature, je reste ouverte et disponible à l’accident. Par exemple, lorsqu’un téléphone sonne, je n’hésite pas à interpeller le·a propriétaire, le·a sommant de répondre que je ne suis pas là si l’appel est pour moi. Ou lorsque la sonnerie est trop forte, je m’arrête de jouer. J’ai retrouvé cette vitalité-là dans le texte de Laurène.

C’est vrai. Au début, Laurène avait une vision très claire du jeu. Mais très vite, elle a eu l’élégance de lâcher prise et me laisser faire. D’expérience, je sais que j’ai un phrasé très particulier, qu’il peut m’arriver de danser, de m’arrêter ou laisser le texte en suspens sur le plateau. Ce qui a le don d’agacer certain·es metteur·ses en scène. (Rires)

Laurène et moi, n’avons pas le même âge, ni la même couleur de peau. Je sais aussi que les spectateur·ices vont projeter des choses sur moi, sur mes intentions et sur ce que je n’ai ni fait ni dit, d’ailleurs. C’est inévitable. La philosophe et militante bell hooks parle de « regards oppositionnels ». Je sais que si je veux que quelque chose soit « audible », je vais devoir ruser, trouver les stratégies adéquates. Je sais que je ne vais pas pouvoir toujours mettre l’énergie là où je le veux. Parce que je ne suis pas autorisée à le faire. C’est ainsi !


Ce qui frappe dans votre travail, c’est que vous cherchez souvent la confrontation avec le réel, notamment à travers les écritures de soi et le travail documenté. Est-ce une manière de faire converger les luttes ? Et donc, refonder nos solidarités ?

Je pourrais dire : parfois, le réel est plus fort que la fiction. Mon père était historien-théologien et le cœur de sa thèse était la question de la dette coloniale. Je cherche du côté de l’Histoire, de la sociologie, des mémoires. Et en définitive, autour de moi. J’ai besoin de trouver ce qui « fait lien », comprendre où ça « coince ».

J’ai un parcours atypique : j’entre à l’INSAS — Institut Supérieur des Arts à 30 ans et j’en sors à 34 ans. Je suis forte d’une expérience de vie que bon nombre de mes camarades d’école n’ont pas. Au sortir de l’école, j’ai la naïveté de croire qu’une création peut changer une vie, une loi. (Rires) Pour moi, le théâtre a ce pouvoir-là. Les textes m’ont sauvée. Je leur en suis très reconnaissante. Comme on le dit chez nous : si je peux faire « la passe en or », je la fais.

À l’évidence, c’est aussi ce que l’on me propose très naturellement de faire. Peut-être que si on m’avait proposé de jouer dans la série Plus belle la vie, c’est ce que j’aurais fait pendant 15 ans. (Rires) Attention, je n’ai rien contre !

Plus sérieusement, j’ai été à bonne école ; celle du marronnage. Gripper la machine ! Même si ce n’est pas toujours confortable, même si cela se révèle réellement violent et épuisant, c’est mon berceau.

Certaines personnes considèrent que nous ne faisons pas partie du « nous ». Dès lors comment hacker le système de l’intérieur ? Si ce n’est par les alliances ! Portrait de Rita, c’est le parcours de migration d’une femme noire. En réalité, il existe des millions de Rita. D’où l’importance de raconter cette histoire-là aux personnes qui ignorent tout de ces existences-là. La plupart du temps, nous sommes seulement des chiffres ou tout au plus une vague migratoire. Le champ lexical choisi déshumanise.

Dans Portrait de Rita, nous tentons de rendre à Rita son humanité. Demain, Rita sera quelqu’un·e d’autre. La colonie dont je parle, n’est pas la colonie dont vous parlez. De quelle colonie êtes-vous véritablement les héritier·es ? Faire entendre ça, c’est pas mal !


J’aimerais citer quelques mots extraits du Discours prononcé par Aimé Césaire à Dakar le 6 avril 1966 : « comme l’homme a besoin d’oxygène pour survivre, il a besoin d’art et de poésie. Il sait, en effet, au contraire de la pensée conceptuelle, au contraire de l’idéologie que l’art et la poésie rétablissent la dialectique de l’homme et du monde. Par l’art, le monde réifié devient le monde humain, le monde des réalités vivantes, le monde de la communication et de la participation. D’une collection de choses, la poésie est jeunesse. Elle est cette force qui redonne au monde sa vitalité première, qui redonne à chaque chose son aura de merveilleux en la replaçant dans la totalité originelle ».

Aimé Césaire parle de l’art. Et du langage, aussi. Selon moi, plus on appauvrit la langue, plus on façonne une société fasciste – qui conduit à l’extinction de la pensée. Et donc, de l’être humain. Je suis convaincue que l’art, les artistes peuvent faire quelque chose mais pas seul·es. La création n’est pas un ego trip. J’ai le sentiment que nous devons prendre nos responsabilités sur l’échiquier du monde.

Je ne suis pas médecin, ni avocate, ni scientifique. Je suis une artiste. Je ne vaux ni plus ni moins que ce que vaut ma voisine ou mon voisin. J’exerce le métier que j’aime et que je maîtrise. En revanche, je dois préciser au service de qui et de quoi je le fais. Clairement, c’est ma responsabilité : continuer à traduire et partager tout ce qui m’entoure. Ce qui permet de rester vivant·es !

J’y vois aussi une forme d’éthique de la responsabilité. Je choisis ce que je veux dire et servir. Les artistes ont ce pouvoir-là. Pour moi, le minimiser ou marteler le « on ne peut plus rien dire », c’est une manière de se déresponsabiliser ! Prenons garde à ce que nous disons ! Soyons-en conscient·es. Parce qu’il y a une adresse. Elle laisse des traces.

Lorsque j’ai été informée en 2012 que l’on montait Une saison au Congo d’Aimé Césaire au Théâtre National Populaire de Villeurbanne (TNP), je leur ai envoyé un mail, alors que je connaissais seulement son essai Discours sur le colonialisme publié en 1950. Mon père me le lisait quand j’étais enfant. Lorsque j’ai lu la pièce de théâtre, je me suis dit : c’est fou ! Comment Aimé Césaire peut-il dénoncer ce que nous vivons avec une telle maestria, une telle poésie aussi directe ? C’est ça, la langue !


Lors de la grande conférence Décentrer la scène en décembre dernier au Théâtre National, Mame-Fatou Niang insistait beaucoup sur la question de la dignité.

J’ai grandi avec cette question-là. Mon père a quitté le Zaïre pour faire une thèse universitaire en Belgique. Ma mère est universitaire aussi. Mon père a passé la majeure partie de son existence à être disqualifié, silencié par le monde académique. Ce qui a aggravé sa bipolarité. Cependant, il n’a jamais rien lâché ! La dignité, ça n’a pas de prix.

Ma mère, universitaire, a été femme de ménage, parce qu’elle devait nourrir ses enfants. En même temps, c’était la femme de ménage la plus élégante que je connaisse. Elle était un modèle de dignité et de fierté. Lorsque j’entends : « on en a marre ! Pourquoi les actrices noires jouent-elles toujours des rôles de femmes de ménage ou de prostituées ? Pour moi, ce n’est pas ça LE problème. Toutes ces femmes sont dignes ! Fondamentalement, LE problème, c’est celui de l’assignation, les clichés, les stéréotypes, l’intelligence et la paresse !

Pour moi, la dignité est une question de reconnaissance. Lorsqu’on est l’héritier·e des survivant·es de la colonisation qui ont été déshumanisé·es et auxquel·les on a fait croire qu’i·els n’étaient pas dignes d’être entendu·es, écouté·es et regardé·es, la question de la dignité devient une question quotidienne.

Évidemment, c’est sur l’exigence de la dignité que nous nous rencontrons, Rita, Laurène et moi. C’est là que se joue précisément la bataille des récits. Qui est digne ? Qui ne l’est pas ? Qui est digne d’être entendu·e, accompagné·e ou soigné·e ? Il en va des droits humains. Il en va des droits fondamentaux, tout court.

Je rejoins pleinement ce que dit Aimé Césaire. Mais je mets l’art sur le même plan que la santé, le logement et l’éducation.

Cela me bouleverse, cela me fait mal d’observer que des êtres humains considèrent que d’autres êtres humains ne sont pas dignes d’exister. Lorsqu’on remet en question les conditions d’existence, cela me révolte !

— Entretien réalisé par Sylvia Botella en décembre 2025

Yvan Guerdon · Théâtre National Wallonie-Bruxelles