L’heure des premières rencontres
Prémices du festival À la scène comme à la ville
Alors que s’ouvre cette deuxième partie de saison, vient le temps des premiers échanges — celui des premières rencontres entre les groupes engagés dans les projets au long cours et les artistes de la Maison. Pensés comme de véritables espaces d’expérimentation et de dialogue, des ateliers se déploient au fil des mois pour trouver leur aboutissement les 24 et 25 avril 2026 lors du festival À la scène comme à la ville, rendez-vous annuel ouvert et accessible à tous·tes.
Et c’est tout d’abord l’artiste Yousra Dahry qui a rejoint les femmes du groupe Cosmolis lors d’une séance de Bubble Foot ! C’était un moment joyeux pour se rencontrer autrement, par le jeu
, raconte-t-elle. Ce petit comité, composé d’une dizaine de mamans solos et porté avec énergie par l’enthousiaste Alexander, est un espace de solidarité et de respiration pour ces femmes. Au-delà des activités ludiques qu’il imagine pour elles, le projet théâtre s’inscrit désormais pleinement dans leur programme.
Au fil des ateliers menés par Yousra, les femmes se dévoilent peu à peu. Les discussions s’ouvrent, les points de vue se confrontent, les récits personnels affleurent de manière fluide. Elles ont toutes quelque chose à dire, à partager. À travers les premiers exercices de jeu proposés par Yousra, chacune expérimente petit à petit sa présence sur scène dans cet espace devenu tant espace de plaisir que de parole. Des fragments de vie se croisent, se répondent, s’entremêlent. Et les barrières tombent déjà.
Les chorégraphes Adèle Bourret et Clara Guémas s’apprêtent, quant à elles, à retrouver les enfants de l’Atelier des Petits Pas. Pour la deuxième année consécutive, elles accompagnent un groupe dans l’exploration du mouvement, de l’espace et du jeu scénique. Leur projet se déploie tel un songe : un espace suspendu où les secondes s’étirent, où les silences murmurent, où l’on marche à pas légers entre ce qui est et ce qui n’est pas encore.
L’engagement et la disponibilité de Viviane, directrice de l’asbl partenaire, rendent cette aventure d’autant plus précieuse. Travailler sur deux années avec des artistes et des partenaires permet de tisser des liens solides et de faire émerger un travail qui, fort de l’expérience de la première édition, peut se consolider et gagner en consistance.
Avec Tendres nous, une douzaine de participant·es âgé·es de 8 à 69 ans se sont retrouvé·es un samedi matin aux côtés de l’artiste Lucie Yerlès. Ce premier atelier était consacré à l’instauration d’un espace de confiance entre les participant·es qui ne se connaissent pas. Un espace où les âges dialoguent par le mouvement, où l’on explore d’autres manières de se relier. Le projet Tendres nous se déploie en effet comme une exploration sensible des « corps-maisons » — ces territoires intimes que nous habitons chaque jour, et qui, ici, se transforment en nouveaux terrains de jeu.
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Théâtre National Wallonie-Bruxelles -
Théâtre National Wallonie-Bruxelles -
Théâtre National Wallonie-Bruxelles
Enfin, les premiers jalons sont posés pour Pièces montées, un projet d’envergure qui rassemble cent complices autour de l’idée de la fête et de la célébration. Un véritable laboratoire de mixité où se croisent des adolescent·es de l’International Montessori School, des jeunes sourd·es et malentendant·es de l’Institut Alexandre Herlin et de l’École intégrée, des habitant·es de Maison Gertrude, ainsi que plus de 70 enfants du chœur de la Monnaie, le tout accompagné par plusieurs artistes de la Maison.
Au fil des ateliers, les groupes se rencontrent, les imaginaires se frottent, les singularités entrent en dialogue. Ce travail patient, sensible, tissé pas à pas avec chaque partenaire, donne tout son sens à l’élan qui nous anime, celui de faire advenir au plateau des publics issus de tout horizon. Car le festival À la scène comme à la ville, se veut le reflet de la diversité bruxelloise : plurielle, traversée de langues et de nationalités, d’âges et d’histoires multiples.